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Démarrer ses poussins en harmattan : chaleur, densité et bons gestes

Illustration : poussins d’un jour regroupés sous une lampe chauffante dans un cercle de démarrage, avec abreuvoir, mangeoire et thermomètre

De novembre à février, l’harmattan change les conditions d’élevage au Burkina Faso : journées encore chaudes, nuits fraîches, vent sec et poussiéreux. Pour un poussin d’un jour, qui ne règle pas encore bien sa température, cet écart entre le jour et la nuit est le premier danger. Voici les gestes qui font la différence pendant les deux premières semaines, que vous démarriez 50 ou 5 000 sujets.

Pourquoi l’harmattan complique le démarrage

Pendant ses premiers jours, le poussin dépend de la chaleur que vous lui donnez. S’il a froid la nuit, il s’entasse, mange et boit moins, et le lot devient irrégulier. L’air sec et la poussière irritent aussi les voies respiratoires et dessèchent la litière. Trois risques sont donc à surveiller en même temps :

  • le froid de la nuit et du petit matin, surtout si le bâtiment est très ouvert ;
  • les courants d’air au ras du sol, là où vivent les poussins ;
  • les coupures de courant, qui arrêtent les lampes chauffantes au pire moment.

Préparer la poussinière avant l’arrivée

  • Nettoyez et désinfectez le bâtiment, puis laissez-le sécher plusieurs jours avant de remettre la litière.
  • Étalez une litière propre et sèche (copeaux ou balle de riz) de quelques centimètres d’épaisseur.
  • Montez un cercle de démarrage (carton, tôle ou grillage doublé) autour de la source de chaleur : il garde la chaleur près des poussins et évite les coins où ils s’écrasent.
  • Allumez le chauffage la veille, pour que le sol et la litière soient déjà chauds à l’arrivée.
  • Remplissez les abreuvoirs quelques heures avant : l’eau doit être à la température de la pièce, jamais glacée.

La bonne chaleur, semaine après semaine

Les guides des souches donnent des repères qui varient selon la race et le matériel. À titre d’ordre de grandeur : autour de 32 à 33 °C au niveau des poussins les premiers jours, puis une baisse d’environ 2 à 3 °C par semaine, jusqu’à la température ambiante vers 4 à 5 semaines. Placez le thermomètre à hauteur de poussin, pas au plafond.

Le meilleur thermomètre reste le comportement des poussins. Regardez-les le soir et au petit matin :

  • entassés sous la source de chaleur : ils ont froid, baissez la lampe ou ajoutez une source ;
  • collés aux bords du cercle, ailes écartées, bec ouvert : trop chaud, remontez la lampe ou aérez ;
  • tous regroupés d’un même côté : courant d’air de l’autre côté, bouchez-le ;
  • répartis partout, actifs, qui mangent et boivent : c’est bon.

Bloquer le vent sans étouffer le lot

Fermez les rideaux ou les bâches du côté du vent la nuit, mais gardez une ouverture en hauteur. L’air doit se renouveler pour évacuer l’humidité, l’ammoniac de la litière et, si vous chauffez au gaz ou au charbon, les gaz de combustion. Un bâtiment complètement fermé avec un chauffage à combustion est dangereux pour les animaux comme pour l’éleveur. Ouvrez progressivement en milieu de journée, quand la température remonte.

Densité : de la place, mais pas trop au début

Au démarrage, les poussins sont regroupés dans le cercle pour profiter de la chaleur. Agrandissez-le tous les deux ou trois jours, dès qu’ils sont répartis jusqu’aux bords. Un cercle trop grand en harmattan crée des zones froides ; un cercle trop petit provoque bousculades, litière humide et sujets en retard. Ajoutez mangeoires et abreuvoirs au même rythme, pour que chaque poussin y accède sans se battre.

Prévoir les coupures de courant

Une coupure de deux heures à 3 h du matin peut suffire à faire des pertes par entassement. Ayez toujours un plan B :

  • une source de chaleur qui ne dépend pas du réseau, comme le radiant à gaz pour poussinière (40 000 FCFA sur la boutique), à utiliser avec une aération en hauteur ;
  • des ampoules chauffantes infrarouges de rechange (5 000 FCFA l’unité), car une ampoule grillée la nuit, c’est un coin froid ;
  • une personne qui passe au moins une fois en pleine nuit les premiers jours.

L’eau et l’air sec

L’harmattan assèche l’air et fait boire. Vérifiez que les abreuvoirs ne sont jamais vides, nettoyez-les chaque jour (la poussière s’y dépose) et placez-les à hauteur du dos des poussins. Un hygromètre d’élevage (2 000 FCFA) vous dit si l’air est très sec ; dans ce cas, évitez de balayer à sec dans le bâtiment et limitez la poussière qui entre par les ouvertures.

Toux, éternuements, yeux gonflés ou mortalité anormale : appelez votre vétérinaire sans attendre. Le plan de vaccination et tout traitement se décident avec lui et selon l’étiquette du produit, jamais au hasard.

Liste de contrôle du soir

  • Température relevée à hauteur de poussin et notée.
  • Poussins bien répartis dans le cercle.
  • Rideaux fermés côté vent, ouverture haute dégagée.
  • Abreuvoirs pleins et propres, mangeoires garnies.
  • Litière sèche, sans plaque humide sous les abreuvoirs.
  • Source de secours prête (gaz, ampoule de rechange) en cas de coupure.
  • Morts du jour comptés et notés.

Pour garder ces relevés, l’application gratuite AviBande permet de noter la mortalité, l’aliment et les pesées de chaque bande.

À retenir

  • En harmattan, le danger principal est le froid de la nuit et les courants d’air au sol.
  • Chauffez la poussinière la veille et réglez la chaleur sur le comportement des poussins.
  • Coupez le vent, mais gardez toujours une aération en hauteur, surtout avec un chauffage au gaz.
  • Prévoyez une source de chaleur de secours pour les coupures de courant.
  • Santé : en cas de signe anormal, le vétérinaire décide du traitement.

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Une question ? WhatsApp +226 04 74 56 68 — ou rendez-vous sur la boutique AviMarket.

Article préparé par l’équipe AviMarket.

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